Arrivée du décor final. Les techniciens ont travaillé pendant nos trois jours off afin de nous monter ce beau décor. Ma foi, notre plateau shakespearien est fort inspirant. Les premiers à l’envahir sont les garçons.
En effet, journée testostérone avec Roméo, Mercutio, Benvolio et Tybalt.
Travail sur la première scène entre Roméo et Benvolio. Le premier sort d’une nuit blanche, mélancolique au possible. Le second est chargé par Lady Montaigu de connaître la raison de cet état mélancolique et soucieux. Yves fait reprendre plusieurs fois le début de la scène : il manque quelque chose de tranchant, de pointu. « C’est du 30% » lance-t-il à Thomas (Benvolio) et Gilian (Roméo). Ils sont tous deux dans une certaine musique. Ils ont commencé à travailler cette scène à Bruxelles et se sont enfermés dans une musicalité, ce qui fait que, nous spectateurs, les perdons très vite. Nous n’entendons pas ce qui se dit. Sentiment d’être dans une impasse.
Nous travaillons ensuite le morceau de bravoure de Mercutio : la Reine Mab. Une scène assez physique qui joue sur le déséquilibre. Un faux mouvement et voilà notre Roméo qui se fait mal. Ayant fait une chute assez impressionnante il y a un mois, là il se refait mal au même endroit : les côtes. Nous courrons chez l’ostéo pour voir s’il peut débloquer quelque chose. Il manipule, il détend mais la douleur est encore là. Le diagnostic : ce serait la fibre musculaire qui aurait pris un coup un peu trop violent. Bref, à l’heure où j’écris, Roméo est chez le médecin pour savoir s’il doit aller faire une radio. La suite au prochain épisode…
Retour en répétitions pour la bagarre et la mort de Mercutio et de Tybalt. Les comédiens travaillent techniquement afin de prendre garde à nos deux éclopés. L’essentiel dans cette scène est la tension entre les Montaigu et les Capulet. Le sentiment de danger est primordial, nous devons sentir qu’au moindre mouvement ou au moindre mot des uns ou des autres, tout est susceptible d’exploser. Notre baromètre : le jeune Benvolio qui se trouve un peu entre les deux, et qui essaye, tant bien que mal, d’apaiser les esprits.
La journée s’achève dans la sueur : le signe (ou plutôt l’odeur) d’une bonne répétition.
Phrase du jour :
"On n'est pas sérieux quand on a 17 ans"
A.Rimbaud
Leçon néerlandaise : Dak (= toit)