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Journal de bord

Lundi 18 février

Publié le 21 Février 2013 par Amélie Chalmey

Les jours s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Un mois et demi déjà que les répétitions ont commencé. Ce Roméo et Juliette grandit un peu plus chaque jour. Et je vous le dis : ils sont beaux !

Aujourd’hui, nous sommes revenus au début de la pièce. Les plus aguerris sauront que celle-ci s’ouvre par un prologue, puis par une première scène entre Grégoire et Samson. Or, le départ de Jules – qui jouait Samson – vient remettre en question le travail effectué auparavant.

Cette première scène entre les deux jeunes serviteurs Capulet entraîne la première bagarre de l’histoire et donc la première intervention du Prince. Il est donc absolument nécessaire de garder cette issue, même si Grégoire se retrouve seul avec un dialogue à assurer (on ne va tout de même pas réécrire ce bon vieux William !). La répétition commence ainsi par un travail au bord du plateau, comme un temps à la table. La solution pourrait être que le personnage se parle à lui-même, sans pour autant être schizophrène. Nous essayons cela. Cela raccourcit la scène mais cela fonctionne : Benvolio (ami de Roméo) entre et la bagarre peut se faire avec l’arrivée de Tybalt. Quelque chose se tient. Nous cherchons encore. Nous revenons au prologue. Yves propose que ce soit le jeune Grégoire qui le prenne en charge, d’autres proposent que ce soit le Prince, d’autres encore Frère Laurent. Puis vient l’idée qu’on entende le prologue en anglais. Sebastian en trouve une version sur internet, nous l’a fait écouter. Il se trouve que c’est celle du film de Zeffirelli. En fond sonore, une petite musique de troubadours et une voix très calme exposant l’intrigue de la célèbre tragédie. Sur la table de régie traîne un Ipad qui nous sert à faire quelques vidéos et autres photos – traces du travail très utiles lorsqu’il s’agit de retravailler une scène compliquée. On se dit que le jeune Grégoire pourrait être en train de regarder le début du film de Zeffirelli et qu’à la fin du prologue, il éteindrait l’Ipad et commencerait sa scène. Olivier (notre Mercutio) propose alors que Samson appelle Grégoire sur Skype à la fin du prologue, et que ce serait ainsi la sonnerie de Skype qui interromprait le film. L’idée séduit rapidement. Cela permettrait d’une part à Jules de rester d’une certaine manière dans le spectacle, et d’autre part de continuer à se servir de cet objet qui ne serait qu’anecdotique si on le laissait de côté après le prologue. D’ailleurs, cela a donné une idée pour la bagarre qui s’ensuit : au lieu de pendre Thomas (Benvolio) par les pieds, comme cela avait été travaillé jusqu’à présent, Tybalt et Grégoire pourraient le soumettre à l’humiliation – sorte de bagarre moderne – où, d’un côté, l’un tient son arme, de l’autre, son complice filme la scène (avec ici le fameux Ipad) et le pauvre qui se retrouve pris au piège se voit contraint de faire ce que les autres veulent. Dans notre scène, Tybalt oblige Benvolio à se déshabiller alors que Grégoire filme le tout. Et on imagine assez bien qu’il ira poster cette vidéo sur Facebook. Pour le moment, nous ne la publierons pas ici. Mais peut-être reverrez-vous cet Ipad (et d’autres vidéos compromettantes) au cours du spectacle…

Phrase du jour, signée Yves :

« La pire des choses serait de tomber amoureux. »

Leçon néerlandaise : Vernederen (= Humilier)

Pensée du jour :

« La violence se donne toujours pour une contre-violence, c’est-à-dire pour une riposte à la violence de l’autre. » J.-P. Sartre, Critique de la raison dialectique

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