Chers lecteurs,
J’ai appris aujourd’hui que ce journal de bord était fort apprécié de vos regards curieux et attentifs. Je m’en réjouis et ferai de mon mieux pour l’agrémenter d’informations aussi nécessaires que croustillantes !
Après une matinée logistique et administrative, menée de front par Yves, Marie, Sebastian et moi-même (assistants à la mise en scène), nous avons retrouvé les comédiens et toute l’équipe du Théâtre de la Place autour d’un verre de vin/jus de fruit/soda. Le directeur du théâtre, Serge Rangoni, a dit quelques mots (à la fois en français et en néerlandais) et a cédé la parole à Yves, qui, lui-même, s’est prêté à ce jeu bilingue. Ce dernier disait l’importance de cette aventure pour lui et remerciait son ami de longue date, Serge, d’être encore au rendez-vous. Il a aussi évoqué le fait, tout nouveau pour lui, de travailler avec des comédiens flamands – ce qui, ma foi, est plutôt génial, lorsque l’on voit leur inventivité sur le plateau. Ils ont une indéniable force de proposition.
Bon. Après ce petit temps de réjouissances, nous nous sommes attelés à un premier filage arrêté de l’acte I. Dans le processus du travail de répétitions, il y a toujours ce moment où l’on fait cette première tentative de déroulé de scènes que l’on a – jusqu’à présent – toujours travaillées séparément. C’est souvent un peu maladroit parce que chacun doit prendre ses marques dans la continuité, mais c’est émouvant. Un peu comme les premiers balbutiements d’un nouveau-né. Une drôle et touchante impression que de voir les premières pièces du puzzle s’assembler.
Frère Laurent, où es-tu ?
Scène collective. Tous sur scène. Entre deux tentatives, Frère Laurent va dans sa loge. Mais on ne le sait pas. On reprend la scène mais on ne le voit pas arriver sur le plateau. Puis, d’un coup, il débarque avec un air de « j’ai râté quelque chose ? ». Et en effet, il venait de manquer la première rixe des jeunes. On rit. Parce que ça marche. Parce que ça raconte quelque chose du personnage.
Les surprises comme celle-là sont assez jouissives sur le plateau. Parfois, elles sont plus effrayantes : par exemple, lorsqu’un comédien tombe et se fait mal. Et je peux vous dire que nous avons des cascadeurs qui naissent au sein de cette équipe ! Là encore, nous avons quelques preuves vidéo. (Cette idée de making-of finira par vraiment voir le jour.)
Phrase du jour, signée un commerçant du quartier, rapportée par Serge :
"Roméo et Juliette ? Ils sont toujours ensemble ?"
Leçon néerlandaise du jour : Lafaard (Lâche !)